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Notre voyage, tout était parfait

Nous sommes enfin prêts !

IMPATIENCE, EXCITATION, REVE, JOIE ... autant de mots pouvaient décrire ce voyage de mes rêves.

Je le touchais du bout des doigts !!!

 

Nous partons à 5h30 du matin direction Orly sous la tempête et nos 2 voitures chargées de valises, de cadeaux. Peu d'habits pour laisser la priorité à tous nos filleul(e)s.

 

Nous arrivons à l'aéroport, nous passons rapidement, enregistrons nos 15 bagages, passons la douane, avons le sourire jusqu'aux oreilles. Nous sommes 7. 7 personnes de la famille dont 3 adolescents prêts à vivre une expérience humaine extraordinaire.

 

Des étoiles plein les yeux, nous montons dans l'avion, il décolle à l'heure !!!

 

Nous atterrissons et récupérons bien nos 15 bagages (c'était notre hantise, avouons-le). Tout le monde est ravi, les snaps sont éloquents, la joie et l'excitation sont bien là !

 

Nous sentons déjà le soleil, la chaleur, tout cela va nous faire un bien fou. On attend ce voyage depuis si longtemps ...

 

A l'instant où nous mettons le pied dehors nous comprenons que quelque chose ne va pas. Peu de monde, personne nous accueille, pas de représentant de notre tour opérateur. Nous mettons les bagages dans un petit bus, nous attendons sous cette chaleur écrasante. Personne ne pointe l'arrivée des touristes français. Sensation bizarre, étrange. Quand tu as l'habitude de voyager, tu comprends de suite que quelque chose d'inhabituel se passe. Nous ne contrôlons plus rien. 

 

Le prochain snap prévu pour notre famille était une photo de famille dans la piscine ou sur la plage. Il n'en sera rien.

 

Au bout de quelques minutes, le chauffeur nous tend un téléphone rouge. Il aura tout son sens plus tard, vous le verrez.

Ici, quelqu'un, on ne sait pas qui, essaie de nous faire comprendre que nous ne pouvons pas aller à l'hôtel et que nous allons être déposés dans un petit hôtel proche de l'aéroport. Si le manifestations s'arrêtent, nous serons acheminés à notre lieu de vacances dans la nuit ou le lendemain. 

OK, nous avons l'espoir, nous allons perdre uniquement une journée sur notre emploi du temps bien chargé mais nous le prenons avec philosophie.

 

Nous partons et arrivons après quelques minutes seulement. Nous sommes à peine à 1 KM de l'aéroport. Une trentaine de français arrive dans un minuscule hôtel. Ils prennent les copies de nos passeports et au bout de 3 chambres nous annoncent ne plus avoir de place pour nous accueillir. Tout est cafouillis, personne ne sait rien et on comprend alors qu'il est peu probable que nous soyons acheminés à notre lieu de vacances prochainement. Mais où allons-nous dormir ?

 

Nous réclamons de l'eau à maintes reprises, le stress est palpable, la déception bien présente. 

Finalement un autre hôtel peut nous accueillir, nous remettons nos 15 bagages dans le bus, pas assez de places, nous sommes sur les genoux des uns et des autres et prenons la route à la tombée de la nuit.

FOU RIRE GENERAL : l'hôtel est à quelques mètres. Je vous assure que nous n'avions pas envie de rire mais autant de manoeuvres de valises pour si peu de mètres .... Ah oui ! ça devait vraiment être dangereux quand même :( . Dans cet hôtel, impossible de dîner ni d'avoir à boire. Le rêve se transforme en cauchemar. Nous dinerons finalement dans le 1er hôtel où sont d'autres français. Ils ont fait tout leur possible, merci à eux. La nuit est tombée, il est temps de reprendre le bus pour aller dormir et espérer à de meilleures nouvelles le lendemain matin.

 

L'hôtel est simple, tout petit, quelques chambres nous sont réservées. Un militaire armé garde le portail fermé, il reste là toute la nuit. Nous sommes donc en sécurité. Oui sauf que ... le décollage horaire faisant son oeuvre, je suis réveillée à 4h du mat'. 

Je suis dans une chambre double avec mon mari, mes enfants sont avec leur cousine adulte dans une autre chambre, ma mère et ma nièce adolescente dorment à l'étage.

Nous bondissons du lit suite à des tirs, tout proches. Panique, mes enfants ne sont pas avec moi. Ma mère et ma nièce seules à l'étage. Que faire ? Sortir au risque de croiser ce que nous ne voulons pas imaginer ? Se débinner et abandonner notre famille ? Que risquons-nous ? Imaginons-nous ces bruits ? Psychose, imagination ???

 

Nous écoutons, observons. Rien ne semble se passer. Nous sortons pour aller voir notre famille, les récupérer et se mettre tous dans une même chambre. Tout le monde semble dormir à poings fermés, nous apprendrons plus tard que nous sommes nombreux à avoir entendu mais ne pas oser sortir de la chambre.

Notre famille dort, si nous les réveillons nous allons les faire paniquer alors nous prenons la décision de les laisser dormir. Nous retournons dans notre chambre puis 30 mn plus tard, nous entendons à nouveau des tirs. Ni une ni deux, direction les chambres où nous récupérons maman et Emma. Nos enfants et Anaïs dorment si profondément que nous n'arrivons pas à les sortir du sommeil. Là, la peur m'envahit. Je veux repartir aussi vite que possible,, il ne doit rien nous arriver. 

 

Nous discutons avec le garde, il semble habitué et nous affirme que c'est plus loin et que nous  ne risquons rien. Nous ne sortirons qu'à 7h du matin pour prendre un petit déj en espérant que qqn nous donne des nouvelles.

Nous étions loin d'imaginer notre programme du jour ...

 

 

 

 

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Commentaires: 3
  • #1

    Audeon (mercredi, 13 février 2019 23:21)

    Quel horreur,courage a vous

  • #2

    Danielle HEBERT (jeudi, 14 février 2019 08:56)

    Quels moments terrifiants vous avez dû vivre, je compatis sincèrement et comprends votre désillusion.
    Nous sommes heureux de vous savoir maintenant de retour en sécurité.
    Il ne faut pas abandonné le pays reviendra au calme rapidement nous l'espérons et vous permettra de reprendre cette belle aventure avec notre soutien.
    De gros gros bisous à toute la famille

  • #3

    Mofredj Karine (jeudi, 14 février 2019 21:35)

    Ce que vous avez vécu est très difficile et compliqué mais 'ne perdez pas cette flamme solidaire qui vous anime.Courage, nul part nous ne sommes à l abri. Il s' agit d un contretemps dans votre quête, n abandonnez pas. A bientôt